Burn out : quand le travail devient nocif

Maladie 2.0
Temps d’écoute et de lecture : 15 min

Comme près de 37% des Français, Céline* a déjà fait un burn-out.

Elle n’avait que dix-sept ans quand elle a fait son premier burn-out. Le stress du bac, la pression qu’elle se mettait ont eu raison de son cerveau. Désormais, toute situation de stress intense peut déclencher chez elle un burn-out. Son cerveau se déconnecte alors. Pour sortir d’une crise, elle a besoin d’une personne qui la reconnecte sur terre en étant à la fois ferme et rassurant. Aujourd’hui, elle se sent bien même si elle avoue que ce n’est pas évident tous les jours. Travailler de chez elle est un challenge. Il lui arrive de travailler jusqu’à minuit.

(pour préserver son anonymat, le prénom a été changé)

A travers ces différents extraits sonores, rencontrez cette jeune femme qui se dévoile sans détour.

Le Zocus : timer coach contre le burn out

Si le burn-out n’est pas reconnu comme une maladie professionnelle, certaines personnes tentent de lutter contre celui-ci en améliorant le bien-être au travail. C’est le cas de Xavier Lucron. Il y a plusieurs mois, il s’est lancé dans la conception d’un objet connecté qui aide à lutter contre le burn-out. Pour se faire, il s’appuie sur les méthodes de travail fractionné, alternant les sessions de travail de 30 minutes et les pauses qualitatives de 5 minutes. Le « Zocus », nom de l’objet connecté, fait actuellement l’objet d’une étude avec la médecine du travail au près d’une centaine de salariés afin d’en mesurer son impact. Nous avons pu rencontrer son concepteur au salon Maker Faire Lille.

Marine Fouquez
Le burn out, qu'est-ce c'est ?
Le burn out est un état d’épuisement physique, émotionnel et mental lié à une dégradation du rapport d’une personne à son travail. Ce n’est pas une maladie mentale mais un ensemble de symptômes (syndrome) résultant de la dégradation du rapport subjectif au travail.

Que dit la loi ?

Pour le moment, la loi ne reconnait pas le burn out comme maladie professionnelle. En février 2018, l’Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi via une motion préalable adoptée par 86 voix contre 34 et coupant court au débat sur les articles et amendements.

Quelques chiffres

En France,  24% des salariés sont dans un état d’hyperstress, c’est-à-dire à un niveau de stress trop élevé et donc à risque pour leur santé.

52% d’entre eux montrent un niveau élevé d’anxiété (manifestations importantes d’anxiété ou probabilité de pathologie).

29% des salariés présentent un niveau dépressif élevé (manifestations dépressives importantes ou probabilité de pathologie) et, parmi eux, 6% ont probablement une dépression, au sens médical du terme.

(source : Cabinet Stimulus, 2017)

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