Et si les Dondaines m’étaient contés

sur les traces du quartier de Saint Maurice-Pellevoisin à Lille

Temps de lecture et visionnage : 20 min

Situés sur un terrain non constructible au pied des anciens remparts de Lille, les Dondaines sont les anciennes rives marécageuses du Becquerel, rivière aujourd’hui disparue. De nombreuses familles appauvries, s’y installèrent après la Grande Guerre. Pour beaucoup, ce sont les belles années des Dondaines ; jardins fleuris, baraques de bois et simplicité de vie. Dans les années 1960, la zone devient le plus grand bidonville de Lille, habitée majoritairement par des travailleurs irréguliers précaires et chômeurs. Dix ans plus tard, face à l’insalubrité et la misère, la municipalité détruit le bidonville et reloge ses habitants. En 1976, les Dondaines deviennent un grand jardin public, connu notamment pour sa tour d’escalade dessinée par Jean Pattou. Elle se retrouvera, dans les années 1990, au coeur des chantiers d’Euralille, de la gare TGV et du nouveau périphérique. Aujourd’hui, elle n’existe plus. Toutefois, les Dondaines, en dépit de leur rétrécissement, accueillent toujours les animaux de la ferme pédagogique Marcel Dhénin.

Marine Fouquez

Aussi connu pour être le plus grand bidonville de Lille

Les Dondaines se situent sur une zone non aedeficandi au pied des anciens remparts entre les portes de Saint-Maurice (Roubaix) et de Fives (Tournai). Dès la fin du XIXe siècle, chiffonniers et ferrailleurs s’emparent de cette zone pour y installer leur lieu de travail. Au début des années 1920, de nombreuses familles appauvries par la première guerre mondiale y élisent domicile et construisent des camps de fortune, pour devenir dans les années 1960 le plus grand bidonville de Lille. Travailleurs irréguliers précaires et chômeurs de longue durée s’y côtoient.

Un parc, des chantiers

En 1990, le parc est une première fois saigné pour les voies ferrées souterraines de la nouvelle gare Lille Europe ; le fort Saint-Agnès est démoli. À ce moment, le parc ne fait plus qu’un tiers de sa taille d’origine. Puis, en 1995, alors que le site commercial Euralille s’achève, à l’ombre des nouvelles tours EDF et du Crédit Lyonnais, commence la construction du nouveau périphérique. C’est tout le sud du parc qui entre en travaux pour la construction du nouveau pont à 6 voix, qui doit enjamber les rails.

3 ans plus tard, les Dondaines retrouvent la moitié de leur superficie, mais sont définitivement coupés en deux avec le chantier du périphérique souterrain, au pied de la tour de Pattou. En 1999, le périphérique est ouvert à la circulation.

 

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