Le collège au temps de la Covid-19
ou savoir se réinventer
Temps de visionnage et lecture : 12 min
Le Coronavirus a changé notre perception des choses mais surtout notre de mode de vie. Nous avons dû nous adapter du jour au lendemain. Le collège n’en fait pas exception.
Deux professeures de langues étrangères, l’une située en France, l’autre en Espagne, nous racontent leur quotidien au temps de la covid-19.
Ils ont entre dix et douze ans, vivent en France ou en Espagne et partagent leur ressenti sur l’école au temps du coronavirus.
L’entrée au collège peut être un facteur de stress d’autant plus dans ce contexte sanitaire particulier.
L’entrée en sixième est souvent synonyme de grands changements. Nouvelle structure. Nouveau fonctionnement. Fini le professeur des écoles face à sa classe, les nouveaux collégiens ont désormais face à eux toute une armada de professeurs. L’arrivée au collège peut ainsi être une source de stress pour de nombreux élèves où il faut parfois se faire de nouveaux amis. « Avant le confinement, je suis rentrée en 6ème et je ne connaissais pas beaucoup mes camarades de classe. J’avais quelques amies que je me suis faite en arrivant, mais avec le confinement je n’ai pas pu m’en faire davantage. » témoigne ainsi Coline, 12 ans.
Le Coronavirus a bousculé notre mode de vie. Confiné du jour au lendemain, l’école a dû se réinventer.
Élèves, professeurs et parents, personne n’était prêt à l’école en distanciel, « Pendant le confinement, on a demandé beaucoup de travail à nos enfants. Il a fallu s’adapter au système éducatif à distance. Ça a demandé des moyens (ordinateur, imprimante, logiciels pour filmer, enregistrer…). Personne n’était prêt. Sans aide d’un adulte, les enfants auraient été incapables de suivre les cours à distance. » explique Elodie, mère de Coline. Un sentiment partagé par Luis, alors élève en CM2 « Le confinement a été très dur car la communication par télétravail n’était pas très claire, nous utilisons un logiciel appelé PRONOTE qui n’est pas très efficace et les professeurs n’étaient pas très pédagogues ».
Les premiers jours, ça a été plus difficile parce que je n’avais pas d’emploi du temps, mais après, ma mère me réveillait à 9h et nous avions un rythme scolaire et ça s’est mieux passé.
Une situation qui n’est pas l’apanage de la France. Nos voisins ibériques ont eux aussi dû conjuguer du jour au lendemain école et distance. « Les premiers mois ont été différents car au départ, on envoyait les devoirs par gmail, et puis ensuite, on est passé par Classroom. La prof nous a expliqué comment envoyer des photos et elle nous a fait beaucoup d’appel en visios pour savoir comment on allait. »* raconte David, 11 ans. « Les premiers jours, ça a été plus difficile parce que je n’avais pas d’emploi du temps, mais après, ma mère me réveillait à 9h et nous avions un rythme scolaire et ça s’est mieux passé. »* ajoute Maria, 11 ans.
Personne n’était prêt. Sans aide d’un adulte, les enfants auraient été incapables de suivre les cours à distance
En France, comme en Espagne, les enfants ont parfois eu quelques difficultés à s’habituer aux cours en ligne, « L’école à la maison, ça a été comme ci comme ça pour moi. C’était bizarre pour moi d’envoyer les devoirs sur Classroom parce qu’à l’école, c’est plus facile de faire les devoirs, ça doit être parce que la prof nous explique les exercices, même si elle ne les corrige pas. Enfin, ça a été un peu difficile. »* confie Noelia, 11 ans. « Quand le confinement a commencé, c’était un peu compliqué, parce que le site du collège (où ils mettent les devoirs, les notes…) ne fonctionnaient pas toujours bien et on ne le maitrisait pas bien non plus. Les cours en visio pouvaient bouger aussi. Mais après un mois environ, ça a été mieux et on a réussi à prendre notre rythme avec les profs. J’ai dû faire des exposés à l’oral en m’enregistrant, des chansons aussi, faire des oeuvres en art plastique à photographier, me filmer en sport… C’était différent. » explique Coline.
Si pour certains le confinement était une joie, comme pour Mathias, 11 ans « j’adore le confinement, j’en veux un autre c’était trop bien », pour d’autres il a été source d’ennui, ainsi il était « ennuyeux » pour Jeanne, 11 ans et Anouk, 11 ans. Mais plus que l’ennui, c’est le fait de ne plus voir ses proches qui a été le plus difficile pour les enfants. « Je l’ai vécu plutôt bien, à part le fait que je ne puisse plus voir ma famille, et faire mes loisirs » raconte Théo, 11 ans. « La première fois qu’on a été enfermé, pour moi ça a été très différent car je n’avais jamais été autant de temps enfermé, mais mois après mois, je me suis habitué. Ce qui a été le plus difficile, c’était de prendre soin de ma grand-mère parce qu’elle n’avait jamais vécu ça et on l’appelait souvent pour savoir si elle était sortie, si elle mettait bien le masque, si elle faisait tout ce qu’il fallait faire correctement. »* précise Gonzalo, 11 ans.
« Au début c’était long, nous ne pouvions pas sortir, je ne pouvais pas voir ma famille, mais après je me suis habituée, et maintenant je suis habituée à rester à la maison et à ne pas sortir »* partage Maria. Coline a quant à elle « peur de transmettre le Covid à [s]a grand-mère mais [elle] fait bien attention quand [elle] la voi[t], [elle] ne lui fai[t] pas de bisous, se lave bien et régulièrement les mains et respecte la distanciation ».
Ce qui a été le plus difficile, c’était de prendre soin de ma grand-mère parce qu’elle n’avait jamais vécu ça et on l’appelait souvent pour savoir si elle était sortie, si elle mettait bien le masque
Avec la Covid-19, c’est tout un nouveau jargon que l’on emploie régulièrement « distanciation sociale » « cours en distanciel » « port du masque obligatoire ». Petits et grands avons dû nous habituer à ce port du masque qui empêche de voir les visages des autres entièrement, comme c’est le cas pour Gabriel, 11 ans « on ne peut pas vraiment voir la vraie figure des gens ». Pour Arcadic 11 ans, « le port du masque c’est beaucoup énervant car on a du mal à comprendre ce que les gens nous disent ».
Enfin, outre l’incompréhension voire les quiproquos que le masque peut engendrer, il peut procurer un certain inconfort, transpiration, buée sur les lunettes, maux de tête… « Le port du masque est très compliqué, en plus de me gratter le visage, il empêche de voir les émotions des autres et communiquer par le regard n’est pas simple du tout mais cela est quand même pratique pour bavarder », conclut Luis.
* traduit de l’espagnol par Louise Gausin
Marine Fouquez
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